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Avons-nous capitulé devant l’exigence de vivre ensemble

Minorité mathématique au Congo et largement majoritaire au Gabon, il n’en demeure pas moins vrai que notre société risque la dilution dans d’autres groupes culturels mieux organisés et plus actifs, au sein de ces deux pays, et la conscience de ce risque angoissant pour notre identité a amené certains d’entre nous à penser qu’une plate forme de communication à la disposition de toutes et tous pouvait constituer l’un des moyens possibles de briser l’isolement entre nous, de par des interactions, à la fois nombreuses et continues , afin de nous donner une vision partagée du devenir de notre société ainsi que des stratégies et moyens concertés de piloter ce devenir, tout en promouvant sa culture, partout où nous vivons, d’où la création de notre site Web: www.nzebi.org l’année dernière.

 Après une première année 2009 d’expérience douloureuse d’une piètre participation des filles et fils de Kééngué et Manoondzo à des échanges multiformes sur nzebi.org, nous étions nombreux à espérer une année 2010 plus fructueuse à cet égard, du fait d’une plus grande visibilité de notre site, conséquence d’une diffusion plus large de l’information y relative. Mais force est de constater, en ce deuxième mois de 2010 où aucun signe de vie ne se fait sentir sur ledit espace de partage d’idées, d’expériences et de préparation à des actions concertées que 2010 risque de se révéler plus calamiteuse encore que l’année précédente, 2009.

 La présence d’un dispositif de communication et des occasions de communiquer permanents, d’accès facile, et disponibles en tout temps et en tout lieu de par le monde, hélas non utilisés par les filles de Kééngué et Manoondzo, semble indiquer que le problème n’est pas dans l’absence des moyens ni des occasions de communiquer. On en vient à se demander où pourrait alors se situer ce problème, de quelle nature il serait.

 Ce questionnement ouvre un champ d’hypothèses les unes aussi terrifiantes que les autres: il nous serait, par exemple, difficile d’admettre que la modalité de communication (la communication écrite) utilisée sur nzebi.org puisse poser des problèmes à la majorité des membres de notre société.

 En ce 21e siècle, il nous semble évident que la plupart des nôtres sont instruits et qu’ils seraient à l’aise dans l’expression de leurs idées, pensées ou opinions sous forme de traces écrites. Si cela était faux, il y aurait-là évidemment un problème gravissime. Il se pourrait que les nôtres aient plutôt de la difficulté à manier l’outil informatique: l’ordinateur. Cela traduirait alors un retard énorme des membres de notre communauté sur ceux d’autres sous-groupes culturels quant à l’utilisation des technologies de la communication électronique. Situation dont nous ne saurions être fiers; il nous faudrait réagir en encourageant les nôtres à vite s’initier aux technologies de l’information et de la communication nouvelles. Sans quoi les choses se feront sans nous en ce monde contemporain. Cependant le fait que ceux des nôtres, très nombreux, qui maîtrisent l’outil informatique ne s’en servent pourtant pas pour communiquer sur ce site nous invite à la plus grande prudence sur cette dernière hypothèse.

 Plus grave encore, car très structurelle, serait l’idée que nous ayons honte de nous identifier ou d’affirmer notre identité comme filles et fils de Kééngué et Manoondzo devant être vus comme tels, avec nos us et coutumes, notre personnalité de base, nos valeurs sociales, culturelles, éthiques, nos pratiques, une mentalité, une sensibilité particulière et un style de vie qui nous caractérisent en nous particularisant. Cette honte ou ce refus de nous positionner comme bandzèbi, parmi tant d’autres

communautés culturelles, constitueraient chez nous des facteurs inhibiteurs d’un probable engagement dans des activités communautaires, associatives, culturelles ou de groupe propres à nous positionner comme bandzèbi. Peut être qu’il ne s’agirait que d’une tare congénitale chez nous de toujours refuser le partage avec nos semblables (nos frères et sœurs bandzèbi) car mus par l’égoïsme, nous préférerions toujours le quant à soi, l’individualisme alors que les autres se regroupent en associations, en groupes coopératifs et que même les pays se coalisent en groupes de pays: l’union européenne, l’alliance des pays d’Amérique du nord et du sud etc.

 Une fois de plus, nous démontrons n’avoir encore pas compris que l’union fait la force, que le groupe est plus efficace que des individus considérés isolément.

 Qui pourrait m’aider à comprendre la signification de la tendance, toujours très affirmée, au rejet des projets et activités d’intérêt commun aux bandzèbi par les bandzèbi?

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