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Comment peut-on entrer en relation avec autrui ?

Nous, individus et groups qui composons la société  humaine avons rarement conscience de la nature des actes que nous posons quotidiennement car nous nous contentons d’en vivre banalement l’expérience, sans chercher à y réfléchir ni à en parler. Cette façon d’être et de faire nous est dictée par l’économie de la psychologie inculquée à notre personne par les moules culturels de formation de la personnalité caractéristiques de notre société.

Je voudrais rappeler les principales voies par lesquelles nous entrons en relation avec autrui pour ensuite m’attarder sur l’une d’elles, dans le but d’attirer notre attention sur la gravité des conséquences qui découlent des comportements qu’elle nous dicte quand nous l’empruntons, et surtout quand elle ne nous réussit pas, une façon d’y appeler à la vigilance de tous les instants et ce, en tout lieu.

Avant de parler des modalités de la relation à autrui, demandons-nous s’il nous est possible de vivre à seul, isolé de tous les autres êtres humains. A cette question on répondra qu’en société humaine, il semble qu’il nous soit impossible d’exclure un moment autrui de notre expérience de vie car même lorsque nous sommes dans une situation d’isolement la plus complète, comme dans une cellule de prison haute sécurité, perdu dans la forêt dense au cours d’une partie de chasse au gibier ou retiré dans notre chambre à coucher hermétiquement fermée, autrui est toujours présent dans notre esprit: dans une cellule de prison, nous pouvons,  par exemple, penser à nos amis ou nos parents qui nous manquent tant ou encore aux activités  que nous  mènerons dans notre milieu de vie si nous avions notre liberté de mouvement et d’action. Perdu dans la forêt, nous serions conscient des inquiétudes de nos proches relativement à notre absence, nous penserions aux conséquences gravissimes  sur  l’éducation de nos enfants, la paix et la tranquillité  d’esprit de notre  épouse, sur nos responsabilités à l’égard des parents âgés dont nous avons la charge etc., conséquences, disais-je, de notre éventuel non-retour définitif au village. Enfermé dans notre chambre, nous penserions peut-être à ce que nous ferions pour plaire à notre épouse ou à notre copine, à nos enfants ou encore à la stratégie que nous mettrions en place pour améliorer les performances de notre équipe de football ou peut-être serions-nous en train d’échafauder des plans pour nos prochaines vacances en Europe, en Asie ou ailleurs dans le monde etc.; en tous les cas, il y a toujours dans notre esprit la présence des tierces personnes ou des lieux publics ou sociaux, pourtant matériellement absents de l’endroit où nous nous trouvons sur le moment. D’où le Psychanalyste Freud nous enseigne qu’autrui, dans la relation que nous ne pouvons manquer d’avoir avec lui, est pour nous soit:

un modèle

-un objet

-un soutien ou

-un adversaire.

 Nous ne pouvons établir avec une personne, autre que nous-même, qu’un de ces  quatre types de relation principalement. Mais nous ne nous arrêterons que sur le premier type, à savoir, autrui se donnant à voir à nous comme modèle.Sur ce point, constatons que dans presque tous les domaines : politique, syndical, économique, éducatif, familial, social etc.,  chaque personne qui s’y engage dans l’action veut être perçue comme un modèle, c’est-à-dire une personne à qui on va vouloir ressembler, qu’on va imiter et qu’on va aimer. Elle veut être meilleure, première, un leader qui va drainer des foules sur son passage ou susciter de l’admiration et des vocations. Fondamentalement, elle veut être aimée et être choisie comme un modèle de comparaison sociale (le fameux je veux faire  ou devenir comme Ma, Makita ou Boulindè) ou faire partie des personnes qui donnent l’approbation sociale, à savoir les autorités morales comme  des hommes d’église, des scientifiques, des juges, tous exemplaires au plan comportemental, des chefs de familles et de clans, des chefs de villages et de quartiers de même type etc. ;C’est ainsi que dans le domaine politique dans notre pays, au cours de ces trois dernières décennies  

folles où nous sommes passés, à une vitesse vertigineuse, du socialisme scientifique à la démocratie politique (en théorie), nous avons constaté que de nombreux Congolais ont cherché à ressembler à des personnalités mythiques tels que Tché, Mao, Lénine, Karl Marx, Fidèle Castro, Patrice Lumumba ; et d’autres, plus libéraux, au Général-de-Gaulle, François Mitterrand, Nelson Mandela et consorts. Actuellement, combien il y a-t-il d’Obama, de Lula fantasmagoriques au Congo ou ailleurs en Afrique? Faites un sondage d’opinion sur ce problème et vous verrez combien nombreux sont les hommes politiques congolais ou Africains qui rêvent ou ont rêvé de se donner l’image d’un homme politique référentiel étranger. Chacun d’eux voulant se prendre pour un autre, au total, ils s’en sont tirés avec des fortunes diverses parce que pour être aimé et pris comme modèle de comparaison sociale, il y a des conditions que l’on doit  nécessairement remplir et ils ne les ont pas toujours vraiment remplies.

En société, tout le monde, y compris les acteurs politiques, veut être aimé, mais on peut aussi être détesté et rejeté. Aussi, certaines personnes préfèrent-elles être détestées et rejetées (suivez mon regard) si elles réalisent qu’elles gagnent plus en étant détestées qu’en se faisant aimer. Cela veut dire qu’être détesté n’est pas un obstacle pour exercer une influence. Mais majoritairement, les gens cherchent à être aimés, non à être détestés. On peut alors légitimement s’interroger sur ce qu’il faut pour être aimé. La réponse à cette question ne peut être trouvée qu’en considérant la nature des rapports sociaux et nous tenterons ensemble de l’y rechercher pour en faire l’objet du texte prochain.

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